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Dans une entrevue exclusive accordée à Telecom Review, S.E. Jamal Jarrah, ministre des Télécommunications du Liban, a abordé des thèmes controversés posant actuellement des problématiques au pays. S.E. Jamal Jarrah a évoqué notamment le thème de la fibre optique et du progrès réalisé jusqu’à lors dans ce domaine, la raison de l’importance de son déploiement et son impact positif sur le secteur des télécommunications et l’économie en général.

 Au Liban, Le secteur des télécommunications a connu une vague de changements et de transitions qui ont accompagné la nomination d’un nouveau ministre des Télécommunications et celle  de nouveaux cadres au sein de l’Organisme de gestion et d'exploitation de l'ex Radio Orient connu actuellement sous le nom d’Ogero. Dès les premiers jours de ce nouveau mandat, ces changements se sont concrétisés  par de nouveaux services, des réductions des prix et des plans visant à améliorer le secteur.

Depuis que vous avez assumé le poste de ministre des Télécommunications du Liban, quels sont les changements majeurs que vous avez introduits à ce jour ?

Dès ma nomination au poste de ministre des Télécommunications, j’ai remarqué que 85 000 demandes de lignes fixes étaient suspendues parce que les centrales ne peuvent pas supporter ce grand nombre. Alors, nous avons calculé le revenu mensuel généré par les lignes fixes nonobstant l’abonnement au service DSL et nous avons trouvé qu’il équivaut à 50$ par mois, ce qui signifie que 85 000 lignes fixes généreront un revenu annuel de 50 millions de dollars.

Par conséquent, le changement des centrales et l’ajout de 300 000 lignes coûteront près de 40 millions de dollars et donc les bénéfices qui en résulteront seront extrêmement élevés au cours des années à venir. Voilà pourquoi, nous avons lancé un appel d’offres pour remplacer toutes les centrales du Liban qui sont au nombre de 301 afin d’y inclure la technologie IMS qui est la plus récente technologie SWIFTS. Nous allons ajouter 200 000 lignes fixes et nous avons déjà les licences pour ajouter 300 000 lignes. Par conséquent, nous aurons 1 million et demi de lignes et donc nous n’aurons plus besoin d’ajouter des lignes fixes jusqu’au moins l’année 2035.

Nous avons aussi remarqué qu’il n’y a pas de réseau dans la majorité des nouveaux bâtiments au Liban et dans quelques villages. Pour cela, nous avons lancé un appel d’offres pour compléter la 7ème phase et les déployer  de façon à ce qu’ils couvrent tout le  pays  dans les conditions approuvées par le Conseil des ministres. Notre appel d’offres nous permettra prochainement de choisir une entreprise qui s’attellera à ce déploiement.

Dans le même contexte, nous avons diminué les prix d’internet et nous avons découvert que nous avons un très grand nombre d’E1 au sein du ministère qui coûtaient auparavant 240 dollars, c’est pour cette raison que nous avons diminué progressivement les prix pour atteindre 110 dollars. Ceci signifie qu’on doit payer 110 dollars pour acheter 2000 E1, 100 dollars pour acheter entre 2000 et 5000 E1 et 90 dollars pour acheter entre 5000 et 7000 E1.

Nous avons lancé aussi un forfait pour les maisons ; 4MB avec une capacité illimitée pour 90 000 livres libanaises. Ces réformes, notamment l’amélioration du réseau pour qu’il puisse absorber cette capacité et le trafic, posent un nouveau défi.

Coopération avec Ogero

Ogero a lancé une forte campagne pour réparer tous les réseaux et failles afin d’offrir de meilleurs services. En effet, il a installé de nouvelles armoires à travers tout le territoire libanais pour couvrir les quartiers et les maisons. Ce n’est qu’une solution provisoire qui sera adoptée jusqu’à ce que nous  puissions adopter une solution radicale qui requiert le déploiement de la fibre jusqu’à la cabine puisque nous ne pouvons pas encore déployer la FTTH à cause de son prix exorbitant et du manque de canaux de la FTTH au sein des anciens bâtiments. Toutefois, nous coopérons actuellement, avec le syndicat des ingénieurs et la direction générale de la planification urbaine, pour établir ces canaux dans les nouveaux bâtiments. Ceci facilitera le déploiement de la FTTH. Pour l’instant, les armoires sont la solution parfaite d’autant plus que nous travaillons pour offrir des vitesses élevées en y déployant la fibre.

Fibre optique

Malheureusement, nous avons découvert l’existence d’un réseau de fibre optique connectant les centrales libanaises depuis 3 ans et qui n’était pas opérationnel ni reconnu bien que sa mise en place eut coûté 62 millions de dollars.

Dans les 3 mois à venir, vous serez témoins  de nouveaux changements parce que la FTTC ou Fiber to the Cabinets sera opérationnelle. En effet, le réseau a été réparé, les centrales ont été remplacées, les prix ont diminué, la 4G a été déployée sur tout le territoire libanais et nous nous dirigeons vers la mise en œuvre des réseaux 5G et de l’IoT.

Nous avons réparé toutes les failles du  réseau de la fibre optique et des  anciens équipements et nous avons connecté Alfa et touch à ce réseau pour pouvoir renforcer le réseau de la 4G ultra rapide.

Le ministère travaille pour garantir des services internet de vitesses élevées et d’ici fin août, toutes les réformes seront réalisées afin d’avoir un réseau satisfaisant.

Selon vous, est-ce que les nouvelles nominations au sein d’Ogero consolideront le secteur des télécoms au Liban et offriront de nouvelles techniques et services ?

Les changements et améliorations  seront sans aucun doute sujets à des oppositions, toutefois, Imad Kreidieh, le nouveau directeur général d’Ogero, déploie des efforts inlassables pour faire face à tous les défis et assumer ses responsabilités au niveau de la promotion des réseaux, l’amélioration des lignes et la garantie du DSL vers les maisons.

En outre, vous  constaterez, dans les 5 mois à venir, de nouvelles réformes. Nous soutenons Ogero et travaillons à réhabiliter l’entreprise  et la soutenir aux niveaux technique et commercial, pour qu’elle  puisse aider les citoyens et les servir rapidement,  ce qui lui permettra ainsi de regagner leur confiance.

Après la suspension de votre décision d’octroyer à Global Data Services la licence d’exploiter le réseau de la fibre optique, qu’en direz-vous ? Allez-vous revenir sur votre décision et cette fois charger Ogero  de  cette mission ?

Global Data Services a le droit de transférer les données en vertu d’un décret signé par le Conseil des ministres. Elle le fait déjà à travers les micro-ondes et le cuivre, mais la seule différence aujourd’hui est qu’elle veut transférer les données à travers la fibre optique, conformément à un décret et un accord signé par Aabdel Menhem Youssef, l’ancien directeur général d’Ogero.

En vertu du décret, le ministère doit fournir la fibre optique à l’entreprise, mais nous avons refusé de le faire parce que nous travaillons actuellement sur le déploiement de la FTTC. Alors, elle nous a offert l’opportunité de déployer le réseau en le payant elle-même.  Nous avons accepté  la proposition sous condition d’installer un canal pour Ogero en parallèle à chaque canal installé pour elle.

En outre, l’entreprise est légale et paie 28 500 000 dollars par année. Elle a acheté des E1 de l’Etat libanais pour 13 millions de dollars par année et nous profitons de 20% de son bénéfice.

Dans le même cadre, nous avons octroyé à Waves la même licence, donc il n’y a pas d’exclusivité tant que le processus se fait conformément à un décret de l’Etat.

Il convient de signaler que le secteur privé est très actif dans ce domaine et nous devons le soutenir parce que nous ne pouvons pas évoluer sans lui, notamment parce qu’il crée des opportunités d’emplois pour les jeunes. Nombreux sont les talents dans notre pays et nous ne devons pas les faire fuir ailleurs.

Est-il possible d’organiser le chaos existant au niveau du spectre au Liban ?

Nous avons chargé une entreprise d’analyser la situation du spectre au Liban et elle offrira des propositions et solutions sur la façon d’organiser le spectre parce que nous ne pouvons pas supporter sa situation chaotique actuelle. Voilà pourquoi, nous travaillons afin d’installer de nouveaux équipements pour savoir qui utilise les fréquences exactement parce que ce domaine est limité et doit être organisé.

Partout dans le monde, nous remarquons une compétition féroce entre les opérateurs parce qu’il existe plusieurs opérateurs dans le même pays. Envisagez-vous l’introduction d’un troisième opérateur au Liban tel que Liban Telecom ?

Au Liban, il y a deux opérateurs détenus par l’Etat et gérés par le secteur privé. Leur privatisation pavera la voie à l’introduction d’autres opérateurs tels que Liban Telecom, ce qui mènera à une diminution des prix. Toutefois, actuellement, la privatisation du secteur est hors question.

Il convient de noter, qu’à part la privatisation, nous pouvons aussi donner 51% des actions et de la gestion de l’entreprise à un partenaire stratégique, et l’Etat sera partenaire au niveau des gains et non de la gestion, et les 50% qui restent seront pour le peuple Libanais et seront cotés en bourse. Par conséquent,  nous préservons le droit de propriété de l’Etat de ce secteur et augmentons en même temps ses revenus, améliorant ainsi l’économie.

On a entendu parler d’un changement au niveau de la gestion des deux opérateurs au Liban. Lancerez-vous de nouveaux appels d’offres pour la gestion de ces deux entreprises ?

Le contrat de gestion de ces deux entreprises est terminé et nous l’avons renouvelé pour 3 mois supplémentaires jusqu’à fin juillet 2017. Nous attendons l’approbation du Conseil des ministres sur les nouveaux contrats de gestion pour lancer les appels d’offres. Nous ne pouvons pas continuer à renouveler les contrats parce que ceci limite la capacité des entreprises à élaborer des plans stratégiques.

Pourquoi avez-vous choisi InMobiles pour s’occuper de l’inscription des numéros de téléphones et appareils des Libanais en dépit du fait que vous n’avez pas lancé un appel d’offre pertinent ? Est-ce que ceci compromet la vie privée des citoyens ?

Auparavant, un système enregistrait les numéros de téléphones mobiles mais il s’est avéré qu’il est rigide et compliqué. Par conséquent, l’ancien ministre des Télécommunications y a mis fin. Toutefois, la contrebande a augmenté résultant en une perte de 23 millions de dollars par année ciblant le ministère de la Finance.

InMobiles nous a offert une solution flexible et rapide : vous introduisez votre nouveau mobile sur le réseau en cliquant sur un lien envoyé par l’opérateur, qui vous  indique si votre mobile est sécurisé et inscrit. Sinon, vous devez l’inscrire aux douanes dans un délai de 3 mois.

 

En outre, l’entreprise nous a offert une solution gratuite ; vous payez 1$ par mois (dont 0,5$ revient au ministère) comme assurance pour votre mobile. Si vous le perdez ou s’il est endommagé, elle vous fournira un nouvel appareil ou le repèrera. Le plus important est que les données sont préservées au sein du ministère et que  la vie privée des citoyens est complètement protégée.