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Les principaux  défis auxquels font face les opérateurs de télécommunications en Afrique sont la compétition et la stabilité réglementaire, commente Abdellatif Bouziani, PDG de Smart East Africa Group, fournisseur de services de télécommunications desservant la Tanzanie, Uganda et Burundi. Dans une entrevue accordée à Telecom Review, Bouziani a déclaré que les gouvernements en Afrique ont attribué beaucoup de licences d’opération, ce qui a causé une chute des prix alors que les coûts opérationnels restent les mêmes.  

La compétition est très forte sur le marché africain de télécoms, continue-t-il.  Les gouvernements sont en train de concéder 6 à 7 licences d’exploitation du réseau, c’est pour cette raison que les opérateurs se trouvent obligés de baisser leurs prix. Toutefois, les coûts opérationnels demeurent les mêmes, par conséquent, ils doivent réduire les dépenses pour survivre. Mais en les réduisant, les opérateurs ne peuvent plus enregistrer de croissance. Quand le flux de capitaux diminue, les grands acteurs souffrent et les petits acteurs  souffrent encore plus, a-t-il souligné.  

Il a expliqué que les gouvernements africains sont les grands acteurs dans cette équation parce qu’ils génèrent des revenus de la vente de licences et collecte de taxes et amendes des opérateurs. Toutefois, ceci exerce une pression sur les acteurs émergents tels que Smart East Africa, qui a débuté ses opérations il y a quatre ans. Les grands opérateurs souffrent parce qu’ils ont des coûts élevés et les petits opérateurs souffrent parce qu’ils sont incapables de croître.

« Il faut changer la façon dont nous opérons actuellement », a précisé Bouziani à Telecom Review. « Nous ne pouvons plus agir comme on agissait il y a 5 ou 10 ans. » La voix n’est plus primaire, a-t-il expliqué, par conséquent, l’industrie doit renforcer ses relations avec les acteurs OTT (over-the-top) afin de profiter plus du fait qu’ils utilisent les réseaux des opérateurs. Ces derniers doivent faire partie du changement au lieu de l’observer de loin.

Smart East Africa a été lancé en Tanzanie, Uganda et Burundi en 2014 sous Industrial Promotional Services (IPS) au Kenya, qui fait partie de Agha Khan Fund For Economic Development (AKFED). L’opérateur a été lancé sur les trois marchés pour promouvoir l’innovation et se concentrer plus sur les jeunes, a dit Bouziani.

AKFED est la filiale à but lucratif d’Agha Khan Development Network (AKDN) qui œuvre en partenariat avec les organisations internationales et les gouvernements afin de stimuler le secteur privé des économies en développement et générer un capital pour investir dans des initiatives de développement durable.

C’est une agence de développement et d’investissement, explique-t-il. AKDN  est actionnaire à hauteur de 51% de Smart East Africa alors que Timeturns, l’ancien propriétaire de Smart, l’est à hauteur de 49%.

Afin de se distinguer sur le marché, l’entreprise a mis en place un environnement propice à l’innovation pour promouvoir le savoir et les nouvelles idées. Bouziani a indiqué : « il faut prendre en considération combien les télécommunications ont changé avec l’émergence des OTT qui a augmenté la consommation des données et les services à valeur ajoutée. Il faut nous demander : comment pouvons-nous profiter de tous ces éléments pour créer un modèle d’affaires qui nous permet de survivre dans cette industrie non conventionnelle ? »

En 2014, Smart a annoncé qu’il compte investir 300 millions de dollars durant les cinq prochaines années pour développer et élargir ses réseaux et services de télécommunications. L’entreprise fait face à une forte compétition avec la présence de 17 opérateurs rivaux en Tanzanie, Uganda et Burundi. Il convient de noter qu’il offre une itinérance gratuite dans ces trois pays.

 

 

 

 

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