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En 2003, le monde était accablé par le virus SARS qui a coûté la vie à plus de 700 personnes. Cette fois-ci, une autre épidémie accapare toute l’attention internationale  à cause  de son agressivité. Le coronavirus ou COVID-19 a été identifié tout d’abord à Wuhan en Chine et s’est étendu à presque tous les continents. Outre son impact sur la santé, il a perturbé tous les secteurs dont celui des technologies de l’information et des communications (TIC).

Dans son allocution préliminaire du 13 février, Dr Michael Ryan, directeur exécutif des programmes d’urgence chez l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a dressé le bilan de l’épidémie. En Chine, un total de 47 505 cas est confirmé en laboratoire, et 16 427 cas ont été cliniquement confirmés dans la province du Hubei. Au total, il y a eu 1381 décès dans le pays. Hors de Chine, il y a eu 505 cas répartis dans 24 pays, dont plusieurs décès. Le vice-ministre chinois de la Commission nationale de la santé a indiqué que, depuis cette date, 1716 agents de santé ont été infectés, dont plusieurs sont décédés.

« C'est un élément d'information essentiel, car le personnel soignant est en quelque sorte le ciment qui assure la cohésion entre le système de santé et la réponse aux épidémies. Mais nous devons en savoir plus sur ce chiffre, notamment la période et les circonstances dans lesquelles ces agents de santé sont tombés malades », a-t-il-précisé.

Face à ces chiffres choquants, des employés étaient forcés de travailler de chez eux et des usines ont arrêté ou limité toute activité, y compris celles de plusieurs entreprises technologiques dont Samsung à Suzhou, ZTE, Huawei et Xiaomi. Apple a aussi subi les conséquences. Les chiffres montrent qu’il ne tiendrait pas ses objectifs de ventes en raison de l'épidémie de coronavirus apparue en Chine, où la marque compte de nombreuses usines de production et réalise une partie importante de son chiffre d'affaires. Apple a évoqué à la fois des difficultés d'approvisionnement en iPhones fabriqués en Chine et une demande en berne pour ses produits du fait de la fermeture temporaire de ses magasins dans le pays.

 

Si Apple est la première entreprise majeure à prévenir que ses résultats allaient pâtir du coronavirus, d'autres groupes ont dit se préparer à subir un impact économique du fait de l'épidémie. Des membres de l'industrie du luxe - Kering, Burberry entre autres - des constructeurs automobiles tels que Toyota, Volkswagen, Tesla, Renault ou encore des géants comme Disney, qui compte des parcs d'attraction à Shanghai et Hong Kong, font partie de celles qui ont dit se préparer à être affectées par l'épidémie.

 

Annulation du salon mondial du mobile à Barcelone

 

La crainte suscitée par le coronavirus a eu raison du salon mondial du mobile de Barcelone (MWC), grand-messe du secteur annulée après une vague de désistements de grands groupes, alors que les autorités espagnoles appelaient à ne pas céder à « l'épidémie de la peur ».

L'association organisatrice GSMA a annoncé avoir « annulé le MWC Barcelone 2020 car la préoccupation mondiale relative à l'épidémie de coronavirus, les inquiétudes sur les voyages et d'autres circonstances rendent impossible l'organisation de cet événement », prévu du 24 au 27 février. Aucun cas du virus Covid-19 n'a été détecté en Espagne continentale, mais deux cas de patients infectés -un Britannique et un Allemand- ont été confirmés respectivement dans l'archipel des Baléares et celui des Canaries.

 

Les grands opérateurs télécoms, organisateurs de l'événement, avaient convoqué en urgence une réunion alors que le salon était confronté depuis plusieurs jours à une série d'annulations de ses plus importants participants, une trentaine au total sur 2800 sociétés inscrites.

D’après GSMA, le salon mondial du mobile, qui se tient depuis 2006 à Barcelone, prévoyait d'accueillir près de 110 000 visiteurs pour cette édition dont plus de 5000 Chinois. Les grands fabricants de téléphones portables - à l'exception d'Apple - y présentent traditionnellement leurs nouveaux produits.

 

Les discussions entre les organisateurs et les autorités de Barcelone semblent avoir été âpres, au vu de l'enjeu financier colossal représenté par ce congrès, qui devait rapporter près de 500 millions d'euros à la ville et générer 14 000 emplois.

 

Rôle de la technologie dans la lutte

Depuis l’épisode du SARS, l’approche adoptée pour éliminer et prévenir contre les épidémies a changé. La technologie joue aujourd’hui un rôle très important. Dans le cas du coronavirus, et en Chine en particulier, un nouveau système d’analyse de la température a été installé dans les stations de métro de Haidian au Nord-Ouest de Pékin. Cette technologie créée par Megvii, spécialisée dans la reconnaissance faciale, facilite la détection et aide à isoler les personnes potentiellement malades. Grâce à seize caméras classiques et à infrarouge, ce système détecte les températures élevées à une distance de 3 mètres, même si l’individu a le visage couvert et se trouve dans une foule.

Megvii assure que son système peut scanner quinze personnes par seconde et fait quasiment tout ce qui permet de réduire le personnel et les  équipes de surveillance, diminuant ainsi les risques de transmission.

Le géant chinois Baidu a aussi annoncé la disposition d’un système de détection similaire utilisé en gare de Qinghe, qui mesure la température des individus avec une marge d’erreur de 0,05°C grâce aux capteurs infrarouges et à la reconnaissance faciale.

Outre les systèmes de reconnaissance faciale, la Chine a eu recours aux drones pour lutter contre le virus. En effet, ceux de MicroMultiCopter déployés  à Shanghai, Guangzhou, Zhaoqing et d'autres régions, sont équipés de caméras thermiques qui peuvent détecter toute personne malade.

 Ils patrouillent  également pour détecter les personnes qui ne portent pas de masque et les avertir de rentrer chez eux et se laver les mains. Autres applications utiles, la vaporisation de produits désinfectants dans les lieux publics, afin d’éviter au personnel une exposition directe à des zones potentiellement contaminées.

D’autres mesures ont été prises par les entreprises technologiques tels que Meituan, géant chinois de vente en ligne, qui a mis en place un processus de livraison sans contact qui permet de livrer des repas  sans  que le client et le livreur se croisent. Le réseau social WeChat offre aussi des consultations médicales virtuelles afin de diagnostiquer le coronavirus.

Selon Robin Li, fondateur de Baidu, « Le Big Data et l'IA (Intelligence Artifielle) ne permettent pas seulement d'accroître l'efficacité de la gestion urbaine et les innovations médicales pendant les épisodes de crise. Ils peuvent bénéficier à toutes les industries et en devenir les moteurs ».

Virus transfrontalier

Le monde est plus que jamais interconnecté. Cette crise sanitaire ne touche pas uniquement la Chine  mais le monde tout entier, même si elle portera le fardeau économique le plus lourd. Cette épidémie a affecté l’industrie des TIC et toutes les autres.

« La fabrication d’appareils et composantes technologiques passe par une chaîne de valeur complexe qui traverse la région et donc une épidémie prolongée peut drastiquement affecter les obligations de fabrication. Ceci affectera à son tour la carte de route du lancement des produits des géants technologiques », a précisé Nishant Signh, président des données de technologie et télécom chez GlobalData.  

Et Signh d’ajouter, « même si les opérations industrielles de ces centres technologiques sont  temporairement suspendues, l’impact de la diminution de production se répercutera sur le reste de 2020. »

« Dans cette guerre contre l'épidémie, chaque seconde compte », a déclaré Foxconn sur le réseau social WeChat, avant d'expliquer « le plus tôt nous prendrons les mesures de précaution, le plus tôt nous arriverons à nous protéger du virus, le plus tôt nous arriverons à sauver des vies, et donc le plus tôt nous arriverons à surmonter tout cela ».

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