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Transférer à souhait de l’argent d’un compte bancaire domicilié dans une banque A vers un autre compte d’une banque B : ce courant type d’opérations interbancaires est très simple à réaliser. Pourtant, quand il s’agit de transférer de l’argent en utilisant les services du Mobile Money (ou argent mobile), il est impossible de transférer de l’argent d’un opérateur à l’autre- ou l’est-il vraiment ?

L’interopérabilité des transactions via le Mobile Money est désormais possible. Plusieurs régions d’Afrique se concentrent aujourd’hui sur ce qui s'annonce comme une nouvelle frontière dans l'économie numérique qui connaît une rapide croissance ; ce que l’on considère être l'interopérabilité du Mobile Money. Cela signifie que toute personne dans une région interopérable avec un compte d'argent mobile peut effectuer des transactions avec toute autre disposant d'un compte, qu'elle utilise le même fournisseur de services ou non. Et, lorsque cela se produit, l'argent mobile devient immédiatement plus utile à davantage de personnes, ce qui leur permet d'économiser, d'emprunter et de traiter plus facilement avec des tiers et des institutions avec lesquelles ils doivent se connecter, plutôt que d’uniquement le faire avec celles du même réseau.

Si l’initiative est sensée être disponible à tous les fournisseurs de Mobile Money sur le continent africain, les banques, et les opérateurs de transfert d’argent, elle pourrait très bien contribuer à réduire les transactions effectuées cash.

L’une des régions qui a adopté ce nouveau concept est l’Afrique de l’Ouest. Les huit pays de l'Union Économique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) mettent en place un système interopérable qui permettra de connecter 110 millions de personnes à plus de 125 banques, des dizaines d'émetteurs de monnaie électronique et plus de 600 institutions de microfinance.

Avec une monnaie commune et une banque centrale unique, la région a déjà jeté les bases d'une économie numérique connectée. Les travaux portent sur la connectivité régionale précoce des cartes établies il y a 10 ans, offrant de nouvelles possibilités de connecter plus de 55 millions d'abonnés à la monnaie électronique. Aujourd'hui, dans l'UEMOA, une personne doit toujours se rendre dans un service public pour payer une facture ou à un guichet afin d'envoyer de l'argent à un membre de la famille via des réseaux. Mais d'ici 2020, cette même personne sera capable d’effectuer des transactions, avec n'importe qui, directement depuis son téléphone mobile.

Les progrès réalisés en Afrique de l’Ouest et dans des projets similaires sur tout le continent sont des signes très positifs de ce qu’on doit attendre. Plus tôt les gouvernements, les banques centrales, les opérateurs télécoms, et d’autres acteurs intègreront leurs services, plus tôt nous pourrons permettre aux « clients connectés » d’effectuer des transactions, d’économiser, de dépenser, d’innover et de contrôler leur avenir financier. Avec un simple appareil mobile en main, le client connecté pourra constamment effectuer des transactions, même avec les plus petites sommes monétaires, ce qui va contribuer au développement économique du continent.

Jusqu'à récemment, il n'y avait que deux façons de créer un système interopérable. La première est que les gouvernements interviennent pour construire un nouveau système numérique permettant de synchroniser tous les réseaux. La Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest facilite ce type d’actions pour l’UEMOA en accordant aux parties prenantes le pouvoir de définir leurs propres spécifications techniques tout en garantissant une voie plus sûre et rationalisée vers l’élargissement de l’inclusion financière. L'autre façon est que chaque fournisseur de Mobile Money établisse des connexions individuelles avec les autres fournisseurs, ce qui nécessite des considérations spéciales en matière d'efficacité et de sécurité.

Ce n’est pas facile, mais c’est d’une importance vitale et le potentiel inexploité est énorme. Selon les estimations du McKinsey Global Institute, au cours des sept prochaines années, l'adoption et l'utilisation généralisées de l'argent mobile pourraient augmenter le PIB de toutes les économies émergentes de 6%.

En définitive, il est important de rappeler les nombreux avantages d’une économie avec faible circulation du cash. Ce sont, la sécurité contre les cambrioleurs, l’accès à tout moment à son argent pour effectuer ses transactions, la diminution des problèmes de monnaie rencontrés sur nos marchés, sans compter la réduction des coûts de fabrication des billets par nos banques centrales.

L’interopérabilité des systèmes du Mobile Money est rendue déjà possible pour le moment en transitant par les plates-formes d’un certain nombre de start-ups telles que CinetPay ou WecashUp par exemple. MTN et Orange, quant à eux, ont rendu cette fonctionnalité disponible grâce à la plate-forme « Mowali » qu’elles ont créée, qui totalise plus de 100 millions de comptes Mobile Money. Orange et MTN fournissent une solution qui leur permettra, à eux-mêmes ainsi qu’à d’autres sociétés, d’étendre plus rapidement les services financiers numériques à travers l’Afrique, et ce pour tous, y compris les populations défavorisées. Cette innovation permettra de réduire la pauvreté et de créer des opportunités économiques.

Stéphane Richard, PDG d’Orange, a affirmé qu’ « en offrant une interopérabilité totale entre les différentes plates-formes, Mowali constitue un pas en avant significatif permettant au Mobile Money de devenir un moyen de paiement universel en Afrique ».

Dans le même ordre d’idées, Rob Shuter, PDG du groupe MTN a déclaré que « ce partenariat avec Orange est une étape importante pour affirmer notre rôle substantiel dans la réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies qui consistent à éliminer la pauvreté extrême et à renforcer le développement socio-économique sur les marchés dans lesquels nous opérons. C’est ainsi que nous offrirons à nos clients un accès au fabuleux monde numérique de demain ».

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